A very ordinary alternative
A Noste - Week 128









English Version
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For some time now, one word keeps coming back when people describe us: “alternative.”
Saying it is never insignificant.
Depending on the person, it’s a compliment, an intrigued observation, a convenient label… or a discreet way of saying “it’s not for everyone.”
With repetition, “alternative” has become a genre of its own.
A way of life.
The word “alternative” is used to sort everything into place: collective ways of living, third places, rural projects, people who don’t fit into the expected frame.
It says less about what we do than about how society interprets what it doesn’t know how to categorize.
Sometimes, all it takes is a few people gathering spontaneously around a table
for someone to say, “this kind of atmosphere is very alternative.”
“Alternative” always implies a gap.
An elsewhere.
A distance from the norm.
But what does that norm actually describe?
For many, today’s norm looks like this: a private, closed-off home, a professional life separated from everything else, carefully chosen and scheduled social interactions,
and a growing distance from one’s neighbors, one’s territory, one’s immediate surroundings.
Within that frame, a house lived in collectively, open to the village, where knowledge circulates freely, indeed becomes “other.”
But that still says nothing about its value in itself.
What bothers me about the word “alternative” isn’t its content, it’s its effect.
It suggests a separation:
on one side, the “normal” stream,
on the other, “those who do things differently.”
It attracts some, those who are already seeking this kind of place.
It repels others, those who think, “this isn’t for us.”
The word becomes a kind of test:
it reveals what each person expects, or fears, from a change in lifestyle.
Those who lack connection see it as a refuge.
Those who lack bearings see it as a danger.
Those who lack time see it as a luxury.
The alternative doesn’t exist in itself.
It exists in the gaze turned toward it.
It also creates a kind of tension:
if we accept this word, are we expected to be permanently coherent, exemplary, irreproachable?
Must we justify the slightest contradiction, the smallest compromise, any moment of fatigue?
The word quickly fills with expectations no real place could possibly sustain.
A word that works less as an identity than as a distance between the one who speaks
and what they are looking at.
You can look at Maysou in two ways:
as an alternative to a dominant lifestyle, more individualistic, faster, more outsourced;
or as a continuity of something that has always existed, humans organizing themselves to live together, to share, learn, transmit, adjust.
The truth is likely somewhere in between.
We are not trying to be the counter-model to anything.
We’re trying to be one possibility among others.
A possibility that reminds us there is always a path of simplicity, of closeness, of shared knowledge, of life at a human scale.
As if one had to step out of society in order to propose something different.
As if innovation meant positioning oneself in opposition.
But here, at Maysou,
we are not elsewhere.
We are not against.
We are not above.
We are not even “apart.”
Because in reality, living “differently” is nothing spectacular:
choosing slowness when the norm demands speed,
sharing when the norm accumulates,
doing things yourself when the norm delegates.
If that’s what it means to be alternative, then yes, perhaps.
But I’m not sure it’s the right word.
I prefer to imagine it differently:
that this kind of life, in its many forms, could simply become one option among others.
Just one possible way to lead a life that’s a little less ordinary.
A life a little closer to others,
a little closer to oneself,
a little closer to the place one inhabits.
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Version Française
Depuis quelques temps, un mot revient régulièrement quand on nous décrit :
“alternatif.”
Le dire n’est jamais anodin.
Selon la personne, c’est un compliment, un constat intrigué, une catégorie pratique… ou une manière discrète de dire “ce n’est pas pour tout le monde”.
L’alternative, à force d’être prononcée, est devenue un genre en soi.
Un style de vie.
Le mot “alternatif” sert à tout ranger :
les modes de vie collectifs, les tiers-lieux, les projets ruraux, les gens qui ne rentrent pas dans le cadre prévu.
Il dit moins quelque chose de ce que nous faisons, que quelque chose de la manière dont la société interprète ce qu’elle ne sait pas catégoriser.
Parfois, il suffit que des gens se retrouvent spontanément autour d’une table
pour qu’on nous dise que “ce genre d’ambiance, c’est très alternatif”.
“Alternatif” suppose toujours un écart.
Un ailleurs.
Une distance avec la norme.
Mais qu’est-ce que cette norme décrit réellement ?
Pour beaucoup, la norme actuelle ressemble à ceci :
Un logement privé et fermé, une vie professionnelle séparée du reste, des interactions sociales choisies, programmées et une distance croissante avec ses voisins, son territoire, ou son environnement immédiat.
Dans ce cadre-là, une maison habitée collectivement, ouverte sur un village, où les savoirs circulent librement, devient effectivement “autre”.
Mais cela ne dit rien de sa valeur en soi.
Ce qui me dérange dans le mot “alternatif”, ce n’est pas son contenu, c’est son effet.
Il suggère une séparation :
d’un côté le courant “normal”,
de l’autre “ceux qui font autrement”.
Cela attire certaines personnes, celles qui cherchent déjà ce type de lieu.
Cela en éloigne d’autres, celles qui se disent : “ce n’est pas pour nous”.
Le mot devient alors un test :
il révèle ce que chacun attend, ou redoute, d’un changement de mode de vie.
Ceux qui manquent de lien y voient un refuge.
Ceux qui manquent de repères y voient un danger.
Ceux qui manquent de temps y voient un luxe.
L’alternative n’existe pas en elle-même.
Elle existe dans le regard qu’on lui porte.
Il crée aussi une forme de tension : si nous acceptons ce mot, sommes-nous tenus d’être en permanence cohérents, exemplaires, irréprochables ?
Devons-nous justifier la moindre contradiction, le moindre compromis, la moindre fatigue ?
Le mot se charge rapidement d’attentes qu’aucun lieu réel ne peut porter.
Un mot qui fonctionne moins comme une identité, que comme une distance entre celui qui parle et ce qu’il regarde.
On peut regarder Maysou de deux façons :
comme une alternative à un mode de vie dominant : plus individualiste, plus rapide, plus délégué ;
ou comme une continuité de quelque chose qui a toujours existé : des humains qui s’organisent pour vivre ensemble, partager, apprendre, transmettre, ajuster.
La vérité se situe sans doute entre les deux.
Nous ne cherchons pas à être le contre-modèle de quoi que ce soit.
Nous cherchons à être une possibilité parmi d’autres.
Une possibilité qui rappelle qu’il existe toujours la voie de la simplicité, de la proximité, du partage de savoirs, de la vie à taille humaine.
Comme si l’on devait forcément sortir de la société pour proposer autre chose.
Comme si innover signifiait se mettre en opposition.
Mais ici, à Maysou,
on n’est pas ailleurs.
On n’est pas contre.
On n’est pas au-dessus.
On n’est même pas “à part”.
Parce que dans la réalité, vivre “différemment” n’a rien de spectaculaire.
choisir la lenteur quand la norme va vite,
partager quand la norme accumule,
faire soi-même quand la norme délègue,
Si c’est ça être alternatif, alors oui, peut-être.
Mais je ne suis pas sûre que ce soit le bon mot.
Je préfère l’imaginer autrement :
que ce type de vie, sous des formes multiples, puisse redevenir simplement une option parmi d’autres. Juste une manière possible de mener une vie un peu moins ordinaire.
Une vie un peu plus proche des autres,
un peu plus proche de soi,
un peu plus proche de là où l’on habite.
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Versión en Español
Desde hace un tiempo, hay una palabra que vuelve una y otra vez cuando la gente nos describe: “alternativo”.
Decirla nunca es inocente.
Según la persona, es un cumplido, una observación intrigada, una categoría práctica… o una manera discreta de decir “no es para todo el mundo”.
A fuerza de repetirse, “alternativo” se ha convertido en un género propio.
Un estilo de vida.
La palabra “alternativo” sirve para clasificarlo todo: los modos de vida colectivos, los terceros lugares, los proyectos rurales, la gente que no encaja en el marco previsto.
Dice menos sobre lo que hacemos que sobre la manera en que la sociedad interpreta lo que no sabe cómo categorizar.
A veces, basta con que unas personas se reúnan espontáneamente alrededor de una mesa para que alguien diga: “este tipo de ambiente es muy alternativo”.
“Alternativo” siempre supone un desvío.
Un “en otra parte”.
Una distancia con la norma.
Pero ¿qué describe realmente esa norma?
Para muchos, la norma actual se parece a esto: una vivienda privada y cerrada, una vida profesional separada del resto, interacciones sociales elegidas y programadas,
y una distancia creciente con los vecinos, el territorio o el entorno inmediato.
En ese marco, una casa habitada colectivamente, abierta al pueblo, donde los saberes circulan libremente, efectivamente se vuelve “otra”.
Pero eso no dice nada de su valor en sí.
Lo que me molesta de la palabra “alternativo” no es su contenido, sino su efecto.
Sugiere una separación:
de un lado, el curso “normal”;
del otro, “los que hacen las cosas de otra manera”.
Atrae a algunas personas, las que ya buscan este tipo de lugar.
Aleja a otras, las que piensan: “esto no es para nosotros”.
La palabra se convierte entonces en una especie de prueba:
revela lo que cada uno espera, o teme, de un cambio de estilo de vida.
Quienes carecen de vínculo ven en ello un refugio.
Quienes carecen de referencias ven un peligro.
Quienes carecen de tiempo ven un lujo.
La alternativa no existe por sí misma.
Existe en la mirada que se posa sobre ella.
También genera una forma de tensión: si aceptamos esta palabra, ¿estamos obligados a ser permanentemente coherentes, ejemplares, intachables?
¿Debemos justificar la menor contradicción, el más mínimo compromiso, cualquier cansancio?
La palabra se carga rápidamente de expectativas que ningún lugar real puede sostener.
Una palabra que funciona menos como identidad que como distancia entre quien habla y aquello que mira.
Se puede mirar Maysou de dos maneras:
como una alternativa a un modo de vida dominante, más individualista, más rápido, más delegado
o como la continuidad de algo que siempre ha existido: seres humanos organizándose para vivir juntos, compartir, aprender, transmitir, ajustar.
La verdad seguramente se sitúa entre ambas.
No buscamos ser el contra-modelo de nada.
Buscamos ser una posibilidad entre muchas.
Una posibilidad que recuerde que siempre existe el camino de la simplicidad,
de la cercanía, del intercambio de saberes, de la vida a escala humana.
Como si necesariamente hubiera que salir de la sociedad para proponer otra cosa.
Como si innovar significara ponerse en oposición.
Pero aquí, en Maysou,
no estamos en otra parte.
No estamos en contra.
No estamos por encima.
Ni siquiera estamos “al margen”.
Porque en realidad, vivir “de otra manera” no tiene nada de espectacular:
elegir la lentitud cuando la norma va deprisa,
compartir cuando la norma acumula,
hacer uno mismo cuando la norma delega.
Si eso es ser alternativo, entonces sí, quizá.
Pero no estoy segura de que sea la palabra adecuada.
Prefiero imaginarlo de otra forma:
que este tipo de vida, en sus múltiples variantes, pueda volver a ser simplemente una opción entre otras.
Solo una manera posible de llevar una vida un poco menos ordinaria.
Una vida un poco más cercana a los demás,
un poco más cercana a uno mismo,
un poco más cercana al lugar que habitamos.
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For me, the alternative means the interior design is artsy, it's cozy, it's not posh, it's second hand furniture, or self made. It's a bit chaotic, which gives you more freedome.; you can be weird there, yourself.
In a "normal" Coliving everything is grey, minimalist, efficient. People stay reserved; there's no way of connecting on the real level.
Alternative also has some political connotation – it's leftist. And that's very important to me.
I love this place because it's alternative. Please stay like this.
Why a distance from 'the' norm and not the distance from 'a' norm? I hear you when you say that this word often creates a separation, and you'd like to avoid such an impression.
But, for example, one of the alternative ways of Maysou you mentioned was the fact that it's a rural project - I think a lot of people would consider this the norm. Labelling something alternative is, on its own, an act of self expression: "from where I stand, this feels close and that feels distant". I don't think that word means something that society doesn't know how to categorize, but an individual's expression of what's two steps away from their regular Wednesday's activities and thoughts.
And how to change such a Wednesday if no 'alternatives' are present? Alternative indeed implies a gap, but perhaps a gap more akin to a job promotion, or moving to a new city.
I can get behind Maysou not embracing the term, that makes sense to me. But when you ask "if we accept this word, are we expected to be permanently coherent, exemplary, irreproachable?" my pesonal answer is no, no, no. You don't have to be a monolith, you don't have to present a counter-model to anything in particular.
Being alternative is, as you mentioned, being an option. I don't think anybody would call a post-punk concert, or a shamanism study group, or a vaporwave-inspired wardrobe things that are 'outside of society' - they're just the many options that society presents, and perhaps some of them are the roads less travelled. But less travelled does not mean empty, nor uncharted. It's all part of the big societal dance.
And some people feel the allure of the road less travelled by - I dare say sometimes it makes all the difference.